Le Coq

Emblème de la France le coq est le mâle de la poule.

La suite est très sérieuse, instructive, riche… toutefois, une foi que l’on a lu tout ça on se dit que se sont les cuisinières qui ont raison: Le coq, il est bien meilleur au Vin, à la Bière ou au cidre.

Le choix du coq comme symbole français remonte à la chute de l’Empire Romain pendant la création de la Gaule et tire son origine du jeu de mot entre gallus (coq) et Gallus (Gaulois). Toutefois si les Romains considérais le coq comme un animal vil et faible par rapport à l’aigle Romain, il fut choisi par nos rois qui le considérais comme un animal courageux et fier.

Nous n’avons pas à rougir de notre emblème, même ci celui ci fut imposé par Rome.

Définition du coq: Notre plus illustre institution vous donnera les évolutions de la définition du coq au fil des âges telle que l’académie Française nous l’a donnée. http://atilf.atilf.fr .

Pour les curieux nous vous renvoyons à la Bibliothèque National de France http://gallica.bnf.fr   pour une lecture des pages de Buffon (Le naturaliste royal) concernant le Coq…

Sur la symbolique du coq nous avons choisis de vous présenter le texte du Chanoine R Gaudin qui est certainement un des plus complet. Après le coq comme symbole religieux ou emblème royal, nous verrons le coq noir, symbole du « démon », en opposition au coq blanc symbole de la pureté et de la royauté.

Un brin d’historique sur la vision du Coq.

Le Coq des Clochers

par le chanoine R. Gaudin

Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente – année 1956

Pourquoi met-on, depuis longtemps, un coq sur le clocher des églises?

 

Ecartons résolument la légende selon laquelle saint Pierre, pour empêcher les coqs de lui rappeler sa faute par leurs chants, aurait empalé l’un d’eux et, ainsi, rendu les autres, muets d’épouvante. Saint Pierre avait d’autres soucis que de faire taire les coqs et pratiquait trop l’humilité pour ne pas leur être, au contraire, reconnaissant de lui remémorer sa faiblesse. Le coq des clochers n’est pas une perpétuation du légendaire coq empalé de saint Pierre.

Pourquoi met-on, depuis longtemps, un coq sur le clocher des églises?

Voyons ce que l’antiquité païenne et les premiers temps du Christianisme pensaient du coq. Un rappel de ce genre peut nous mettre sur la voie d’une réponse plausible.

 A – Le Symbolisme du Coq dans les Civilisations Anciennes.

 Partout et toujours, le coq a eu pour qualités proverbiales la fierté, le courage et la vigilance. Aussi bien, dès avant le VIe siècle antérieur à notre ère, le trouvons-nous dans les arts des civilisations les plus évoluées sur les monnaies grecques, sur les monuments protohistoriques de la Gaule, sur la céramique cyrénéenne, sur des objets précieux de Babylonie, de l’Inde, de l’Extrême-Orient.

Chez les Grecs et les Latins, le coq blanc fut consacré à Zeus-Jupiter. Voilà pourquoi Pythagore défendait à ses disciples de les tuer et de s’en nourrir. Le même coq blanc fut aussi l’oiseau d’Hélios-Apollon. Il n’était pas rare de voir un coq aux pieds ou dans la main du dieu sur les bas-reliefs ou autres sculptures. Il y eut un rapprochement naturel de la divinité de la lumière et de l’oiseau qui, avant tous les autres, appelle l’aurore de ses cris impérieux et qui est ainsi une sorte de « prophète de la lumière« .

Le chant du coq, explosion matinale de la vie qui commence, fit adopter le coq comme emblème de la vigilance. Une fable grecque veut que le soldat Alectryon, qui avait manqué d’attention dans la surveillance qu’Arès et Aphrodite lui avaient confiée, fut métamorphosé en coq, pour qu’il apprenne ainsi la vigilance.

C’est encore parce que le coq sonne le réveil à tout ce qui l’entoure, qu’il fut associé au culte d’Hermès-Mercure, le dieu du commerce. Le musée Guimet conserve un curieux autel, découvert à Fleurieu (Ain). C’est un autel à Mercure. Sur l’une de ses faces, on voit un coq.

Chacun sait que le coq était aussi l’oiseau d’Esculape et de son temple d’Epidaure. Dans les représentations du dieu de la médecine, l’oiseau de lumière et de vie est assez souvent opposé au serpent silencieux, sournois et porteur d’un mortel venin. Le serpent rappelle la maladie et la mort et le coq la guérison qui conserve la vie. Sur l’actuel blason de la Faculté de Médecine de Lyon figurent coq et serpent.

Les Chaldéens, frappés de son activité matinale, crurent que le coq recevait, chaque jour, un influx divin, qui le poussait à chanter avant tout autre. Une monnaie grecque du VIe siècle avant J-C. porte un coq surmonté d’un signe astral, d’où partent des rayons.

Les Grecs firent du coq l’emblème du courage militaire. Thémistocle sur le point de livrer bataille aux Perses, harangua ses hommes en leur recommandant l’exemple des coqs. En souvenir de ce fait, Athènes créa une fête annuelle, qui comportait principalement des combats de coqs. Les Gaulois eurent la même idée que les Grecs. On a des monnaies portant un coq. Des bijoux en forme de coqs furent trouvés dans les sépultures. Quelques bas-reliefs révèlent des enseignes militaires surmontées de coqs. Notons en passant que le coq ne fut pas l’ordinaire enseigne des Gaulois, comme on l’a souvent dit. Le sanglier est plus fréquemment employé que le coq.

Tant de qualités chez le coq contribuèrent à en faire partout, chez les Anciens, une sorte de messager des dieux. Aussi bien eut-il le douloureux privilège — surtout le coq blanc — de servir, par ses entrailles ouvertes, à la révélation des volontés des dieux et à l’annonce des bonheurs ou malheurs futurs. C’est ce qu’exprime Rabelais quand il parle dans « Pantagruel » du « coq vaticinateur« . Le nom d’alectryomancie désigne cette pratique sanglante.

Toujours à cause de ses qualités proverbiales, les Anciens croyaient que les entrailles du coq renfermaient une pierre mirifique: la « pierre alectorienne« , talisman supposé de l’audace, de la vigueur, de la décision. N’a-t-on pas raconté que Milan de Crotone, qui tuait un taureau de son poing prodigieux, devait à la pierre alectorienne sa force surhumaine. Il est curieux de trouver un archevêque de Rennes: Marbode, mort en 1123, qui rappelle cette légendaire tradition et ajoute que le même talisman donne l’éloquence aux orateurs et la fidélité aux époux.

On a cru très longtemps que le gésier d’un coq castré contenait parfois une autre pierre merveilleuse, capable de procurer à qui la portait, la sagesse et le bon sens. Le Moyen Age appelait ce talisman la « pierre de chapon » ou « chaponnette« . Un inventaire — celui du duc de Berry, oncle de Charles VI — dressé en 1416, fait état « d’une pierre de chappon, tachée de blanc et de rouge, assize en un annel d’or: prisée quatre livres tournois« .

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Mais pourquoi des coqs sur les clochers?

Nous ne pouvons répondre que par des conjectures. Cependant tout ce que nous avons dit de l’emblématique du coq chez les anciens et dans les premiers temps du christianisme, nous permet de croire que la tradition concernant le coq a continué de s’affirmer, mais sous une forme différente, par son installation au faîte des édifices saints.

Lorsque nous avons sous les yeux de vieilles estampes, représentant les instruments de la Passion, accompagnant toujours la lance, l’éponge, les clous, le marteau, la couronne d’épines, la lanterne, nous voyons un coq perché sur une colonne. Il n’est pas tellement rare, non plus, de découvrir, sur des monuments chrétiens, un coq toujours perché sur une colonne. Il s’agit ou bien du coq qui a chanté au moment du reniement de Pierre, début de la Passion du Christ, ou bien de l’emblème, parmi les instruments de douleur, de la Résurrection proche. L’idée du coq sur le clocher a pu venir de cette figuration du coq de la colonne. La transition ne paraît pas impossible.

Ce qui semble plus évident, après tous les symboles du coq dans l’emblématique chrétienne et les allusions poétiques ou mystiques des premiers chantres et orateurs du christianisme. c’est que le coq, haut placé, rappelle le Christ protecteur vigilant et défenseur de ses enfants, engagés dans la lutte contre le mal dont ils doivent sortir vainqueurs. Le coq-girouette toujours face au vent, est le Christ face aux péchés et aux dangers du monde et, par similitude, le chrétien face aux mêmes dangers et aux mêmes péchés.

Le Coq Noir

 « Le noir est une couleur synonyme de deuil, de malheur et de tristesse. Même le coq en est affecté. Dans les croyances populaires et autres superstitions, le coq noir devient le symbole de la nuit, des maléfices, des cérémonies occultes. De plus, il devient victime des pouvoirs que certains lui attribuent, En effet, pour obtenir une issue heureuse à un voyage, un résultat favorable à un procès, il était fréquent, dans certaines communautés, de sacrifier un coq en victime expiatoire, Il devient alors un bouc émissaire, le symbole du monde des ténèbres et du domaine de Satan, pauvre coq, bien éloigné là des louanges coutumières, Dans le culte vaudou, le sacrifice d’un coq est indispensable pour s’attirer les bonnes grâces et les faveurs des puissances surnaturelles. Jadis, nombre de marins, sous toutes les latitudes, sacrifiaient un coq avant de lever l’ancre pour s’assurer un voyage sans accidents. En Bohême, également, les paysans offraient un coq à leur saint patron, Guy.

Paradoxalement dans ce domaine, la tradition populaire attribuait au chant du coq matinal le pouvoir de chasser le Malin. Le premier chant est noir, la nuit étant encore présente. Le second est rouge, annonçant l’aurore. Le dernier, enfin, est blanc de la lumière solaire du matin. On se souvient que Camille Saint­Saëns clôture sa Danse macabre par un chant du coq gui fait rentrer les squelettes dans leurs tombes.

C’est sans doute ce mélange de symboles blancs et noirs qui a conduit le célèbre Nostradamus à consacrer seize de ses prophéties au coq, aussi difficiles à interpréter que les autres. »

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